ASSEMBLEE GENERALE UNM 2005 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'UNM a centré la réunion-débat de son Assemblée Générale 2005 le 14 juin dernier sur la thématique "La Normalisation : quel outil pour la stratégie des secteurs mécanique et caoutchouc ? "

A l'heure où de nombreux organismes à travers le monde repensent et affinent leur stratégie  pour les années à venir, AFNOR poursuit la démarche d'élaboration de la stratégie française de normalisation pour les années 2006-2010, qu'elle a entreprise avec ses différents partenaires. Le débat de l’assemblée générale de l’UNM fournit une contribution sectorielle à cette démarche.

Le débat était alimenté par des témoignages des différents acteurs socio-économiques de la normalisation et plus particulièrement  pour notre secteur industriel, par les Pouvoirs Publics, le MEDEF, AFNOR et les représentants des entreprises des secteurs mécaniques et caoutchouc – Mondialisation des échanges, efficacité, lisibilité, confiance, cohérence, écoute des clients, des mots clés indubitablement à intégrer dans une stratégie moderne…

Présentation de Philippe Contet

Patricia FOURNIER, Chef du Bureau Normalisation au SQUALPI, représentant le délégué interministériel aux normes a ainsi rappelé le rôle joué par les Pouvoirs Publics en tant que tutelle de la Normalisation.

Cette tutelle implique parfois des actions qui pourraient être jugées comme sévères, quand il s'agit, tel un gardien de but, de stopper une norme au bond.

Néanmoins, son rôle au quotidien s'apparente plutôt à celui d'arbitre, laissant les acteurs socio-économiques jouer chacun leur jeu, dans le respect des règles.  Inciter le maximum d'acteurs à venir sur le terrain de la normalisation est plus que jamais un objectif fort pour les Pouvoirs Publics.  Même s'il est difficile de quantifier précisément le retour sur investissement qu'une entreprise peut avoir en normalisation, diverses études conduites tant en Allemagne qu'au niveau Européen tendraient à montrer que la normalisation contribue à hauteur d’environ 1% du PNB d’un Etat, à travers par exemple, les marchés conquis, les marchés conservés, les gains de productivité acquis, l'amélioration de la sécurité et par conséquent les diminutions des coûts des accidents…

La mondialisation des échanges se développe irrémédiablement. Les grands acteurs économiques dans le monde ont tous intégré la normalisation comme un outil important dans leur stratégie  économique. La nouvelle "pertinence mondiale des normes ISO", impulsée entre autres par les USA, illustre bien cette nouvelle donne politique.

 

Le regroupement d'AFAQ et d' AFNOR intervenu au début de l'année 2005, sous l'impulsion des pouvoirs publics et des grands acteurs industriels (grandes entreprises, organisations professionnelles), donne naissance à un nouveau groupe plus large, plus fort qui a une taille critique suffisante pour jouer dans la cour des grands mondiaux.  Le "capitaine" du système français de normalisation, qu'il est en quelque sorte, pourra mieux aider l'équipe française à être plus lisible, plus efficace et être ainsi mieux positionnée dans la compétition mondiale.

Claude BOUTTEVILLE, Président de la Commission " Normalisation- certification" du MEDEF a présenté les enjeux stratégiques de la normalisation tels que perçus par le MEDEF et les entreprises.

 

Tout d'abord, l'analyse de la situation actuelle montre que les délais d'élaboration des normes sont parfois incompatibles avec les besoins du marché, qu'il y a trop souvent confusion entre normalisation et réglementation dans les esprits ; le développement par le système normatif de documents parallèles aux documents normatifs classiques, certes plus rapides à élaborer mais dotés d'un consensus plus réduit, ne contribue pas à renforcer la lisibilité et la cohérence du système ; la volonté des grands organismes de normalisation d'étendre leurs champs de compétences au-delà du périmètre classique des produits et services "techniques" et des procédés d'élaboration ou de production associés conduit la normalisation à traiter de champs nouveaux pour lesquels à la fois les acteurs et les processus ne sont pas toujours parfaitement préparés. Pour les entreprises, les finalités de la normalisation sont essentiellement économiques car la normalisation aide à la définition et à l'orientation de leur stratégie dans le but de développer leurs marchés. Selon le MEDEF, trois enjeux majeurs apparaissent pour le système normatif : renforcer la lisibilité et la cohérence de ses produits et actions pour éviter la tentation, pour les entreprises, qui en sont le principal financeur, de travailler au sein de systèmes parallèles ou concurrents ; s'interroger sur son périmètre de compétences et se demander si toutes les sollicitations des nouveaux acteurs et tout particulièrement ceux de la société civile ont systématiquement des applications normatives - par exemple, sur des thématiques de dimension comportementale ou déjà couvertes par la réglementation ; réduire les délais  d'élaboration des normes et assurer la maintenance du parc de normes. En conclusion, le MEDEF considère que le système normatif doit gagner en efficacité pour mettre à disposition des normes pour les entreprises et leurs clients.

Olivier PEYRAT, Directeur Général du nouveau groupe AFAQ-AFNOR a ensuite présenté la démarche conduite actuellement par AFNOR pour élaborer la stratégie française de normalisation à l'horizon 2010. 

Tout d'abord, le rappel des cinq objectifs de la stratégie AFNOR validée en 2002, montre que quelques-uns des axes de réflexion actuels étaient déjà identifiés, et qu'il s'agit donc d'actions à long terme : être un acteur influent de la normalisation européenne et internationale, renforcer la confiance dans les normes et en favoriser l'utilisation effective, détecter l'émergence de nouveaux champs en évaluant la valeur ajoutée de la normalisation, gagner en cohérence et en efficacité  grâce à des processus et une organisation adaptés et réactifs et promouvoir la valeur de la normalisation volontaire auprès des publics concernés.

Dans la continuité des actions conduites, la stratégie du système français de normalisation pour les 5 années à venir doit permettre aux différents acteurs concernés de partager une vision à moyen terme et de prendre en compte les débats stratégiques et les orientations d'ores et déjà adoptées par nos partenaires internationaux et plus particulièrement l'ISO. 

 

Son élaboration pilotée par le Comité d'Orientation et de prospective d'AFNOR, est l'occasion d'une sollicitation très large des acteurs socio-économiques concernés par la normalisation ; entre autres, elle a donné lieu à une enquête conduite auprès de 20 000 entreprises de toutes tailles, participant ou non aux travaux de normalisation, afin de recueillir leur perception des domaines dans lesquels la normalisation pourrait contribuer à leur développement sur des marchés de plus en plus mondialisés, et donc leurs attentes vis-à-vis du système. Elle est aussi l'occasion de réflexion sur des thématiques nouvelles : par exemple, les conséquences de la régionalisation des modes de décision politique en France et les éventuelles actions que le système de normalisation pourrait conduire vis-à-vis des acteurs locaux, artisans, TPE, ou encore l'évolution de la société caractérisée par le vieillissement de la population, la recherche accrue de la parité homme/femme, le rôle grandissant de parties prenantes comme les consommateurs, les ONG, les acteurs de la protection de l'environnement…

La stratégie française de normalisation à l'horizon 2010, après avoir donné lieu à différentes réunions de synthèse à l'automne 2005, devrait être entérinée par le Conseil d'Administration d'AFNOR du mois de décembre 2005.

A la suite des présentations relatives au contexte national et aux enjeux généraux, les industriels de la mécanique et du caoutchouc ont précisé leurs attentes en matière de stratégie normative

 

Roger SPERI, de la société ETNA INDUSTRIE, adhérent du syndicat UNITOP et Président du Comité de Programme de l’UNM, a évoqué les attentes stratégiques de quelques uns de nos grands partenaires industriels : allemands, américains, chinois qui sont tout à fait comparables aux attentes françaises.

L’industrie mécanique reconnaît la légitimité de la normalisation dans les domaines techniques où elle a un impact économique. Attention toutefois à la prolifération d’autres  documents, élaborés par le système normatif, qui introduisent un risque important de confusion avec les normes chez les industriels.

Il est nécessaire que le système normatif, et l’UNM en particulier, élaborent  de nouvelles normes pour répondre aux nouveaux besoins ; il est néanmoins impératif de s’assurer que les normes existantes sont actualisées et cohérentes entre elles. Le bureau de normalisation doit apporter une réelle plus value dans l’analyse de la cohérence du parc de normes géré.

Les industries mécaniques ont toujours été très présentes dans les instances de normalisation internationales ISO, même au moment où la politique européenne a fortement poussé le CEN. La reprise des normes ISO dans la collection nationale (NF ISO) reste une stratégie forte du secteur. Plus que jamais, il faut rester vigilant à la stratégie déployée par nos partenaires internationaux à l’ISO ; nous devons exiger des normes ISO de qualité qui ne deviennent pas un catalogue de solutions nationales concurrentes ou qui ne soient pas l’endossement d’un texte privé élaboré dans d’autres instances.

Enfin, les normes sont trop souvent synonymes de contraintes dans la presse grand public et aussi parfois dans la collectivité industrielle. Communiquer et informer plus et mieux est nécessaire et cela pourrait se faire, entre autres, à travers une déclinaison en France, de « la Journée de la Normalisation » chaque 14 octobre, pour parler un même langage et gagner ensemble.

Claude CARDINET, de la société HUTCHINSON, adhérent du syndicat SNCP et Président du Comité de Pilotage du Pôle de Normalisation du Caoutchouc à l’UNM, a pour sa part retracé les attentes principales des industriels de son secteur qui sont naturellement très similaires à celles précédemment évoquées. En complément, une réflexion destinée à obtenir un taux de réponse plus satisfaisant aux enquêtes publiques serait de nature à  renforcer l’intérêt des industriels pour la normalisation ; de même, la mise à disposition de normes en français s’avère importante pour la filière et doit perdurer ; mais cela pose le problème de la qualité des versions anglaises de référence qui s’amplifie avec l’augmentation du nombre de comités techniques ISO gérés par des pays émergents ou  en voie de développement et devra être pris en compte par l’ISO elle-même ou ses membres influents historiques.

Enfin, les composants en caoutchouc sont inclus dans des systèmes variés, de plus en plus complexes et différents. Cela renforce le besoin de synergies entre les différents acteurs de la normalisation aussi bien en amont qu’en aval de la normalisation du composant considéré.

En conclusion, les différents échanges permettent de compléter voire conforter dans la plupart des cas, l’approche déjà engagée par AFNOR dans sa démarche d’élaboration de la stratégie française de normalisation en insistant sur la nécessité d’être actif au niveau international (ISO), de promouvoir, de la façon la plus tenace, les positions françaises sur la pertinence mondiale des normes ISO telles que d’ores et déjà exprimées par les industriels et leurs organisations professionnelles ou organismes, rattachés au sein de certains comités stratégiques AFNOR.

 

Les Bureaux de Normalisation sont appelés à contribuer à analyser leur parc de normes pour en renforcer la cohérence, vérifier la validité des références croisées dans les normes, s’assurer de l’annulation de toutes les normes obsolètes dans leur contenu technique.

Le système normatif doit poursuivre ses actions destinées à le rendre plus efficace et plus lisible pour ses clients, ses financeurs ; il doit se concentrer sur ses domaines de légitimité où son savoir faire est reconnu,  pour être encore plus performant et élaborer des normes dans un délai plus court. Il doit également revoir la gamme de documents proposés, dont la prolifération est préjudiciable à la compréhension globale du système.

Il doit aussi contribuer à mieux former et informer les différentes parties prenantes sur ce qu’est la normalisation, son rôle économique, sa portée juridique, les différences et les complémentarités de la normalisation avec la réglementation, l’importance de participer à ses travaux pour agir et ne pas subir…

A la fin de la réunion, la médaille de la normalisation en mécanique a été remise par le président Jean-Louis RABOURDIN à plusieurs personnalités qui se sont illustrées dans les travaux des commissions de normalisation de l'UNM :

 

De gauche à droite sur la photo :

- Michel PASQUIER, de la société CMD ENGRENAGES ET REDUCTEUR (UNITRAM)

- Robert STEHLE, de la société APPORTS ET STRATEGIES (GIFO)

- Guy GALAND, de la société STARTEC (CISMA)

- Jean-louis RABOURDIN, Président de l'UNM

- Frédéric LOBINGER, de la société AGRIANDRE

-Jean LUROT, de la société BOSCH REXROTH FLUIDSYSTEM

Philippe Contet

Directeur

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