Normalisation internationale ISO

 

En février 2006 : réunion du bureau de gestion technique de l’ISO et dossier « innovation et normalisation » de la revue ISO Focus.

A l’ordre du jour de la réunion du bureau de gestion technique de l’ISO (ISO/TMB) figurait la question des normes élaborées sous forme de bases de données. Un groupe de travail s’est réuni en novembre 2005 pour examiner les problématiques que ce nouveau type de normes posait tant en matière de procédures de développement et mise à jour des normes, qu’en ce qui concerne les aspects commerciaux liés à la mise à disposition des bases de données. Cette approche "bases de données" est aujourd’hui utilisée pour des normes de terminologie, de symboles graphiques, de données de référence, ou de dictionnaire de données de produits. Suivant le cas, ces bases se présentent sous forme de simples énumérations (par exemple termes et définitions avec correspondance multilingue), ou font appel à une structuration forte basée sur des mécanismes de hiérarchies, héritage, relations et liens. L’UNM, en sa qualité de secrétaire de l’ISO/TC 29 "Petit outillage", porteur de la norme ISO 13399, qui fournit un dictionnaire normalisé pour la description structurée des outils coupants, participait à cette réunion. Les travaux doivent se poursuivre, dans un premier temps pour les bases terminologiques.

La signature d’accords PSDO (Partner Standard Development Organisation) entre ISO et ASTM d’une part et ISO et IEEE d’autre part doit être revue par le Conseil de l’ISO en mars.

Concernant les relations ISO-CEI, une réunion commune entre les bureaux de gestion des deux organisations a précédé la réunion ISO/TMB. Cette réunion, jugée constructive par la présidente de l’ISO/TMB a évoqué la possibilité de groupes (voire de comités techniques) communs pour les sujets pour lesquels un recouvrement était constaté entre ISO et CEI. Ainsi, plutôt que de créer un nouveau comité ISO sur les atmosphères explosibles où il y a déjà un comité CEI, ce qui ne manquerait pas de créer des difficultés de frontière, la proposition d’un TC commun semble se dégager, rejoignant en cela la suggestion formulée par l’UNM lors de la demande de création du TC ISO.

En matière de programme et de production, les chiffres suivants ont été donnés : le programme de travail début janvier 2006 totalise plus de 4000 sujets ; en 2005, 1240 publications ont été rendues disponibles ce qui porte la collection à un total de 15650. Enfin, la durée moyenne d’élaboration des normes ISO est de 3,1 ans.

ISO Focus, la revue de l’ISO, consacre son numéro de février 2006 au dossier "Innovation et normalisation". Introduit par un éditorial de Masami Tanaka, Président de l’ISO, intitulé "Les travaux de l’ISO soutiennent l’innovation dès les premières lueurs", ce dossier comporte les articles suivants :

  • Normalisation stratégique – La norme peut-elle aider les entreprises ?

  • Nanotechnologies – La prochaine révolution industrielle?

  • STEP – Appuyer l’innovation sur le marché mondial

  • ebXML – Quand l’innovation est un impératif

  • RFID – Une technologie qui perce

  • Réorganiser la chaîne d’approvisionnement avec la RFID

  • Le plus intelligent des mannequins pour améliorer la sécurité des véhicules

  • Biométrie – A la hauteur des défis de l’innovation technologique

  • Des cartes à tout faire

  • MPEG – En quête perpétuelle de créations nouvelles pour l’audio et la vidéo numériques

  • Le paradoxe de la normalisation et de l’innovation

  • Céramiques techniques – Un nouveau secteur pour le 21 e siècle

  • La politique ISO/CEI en matière de référence à des articles faisant l’objet de brevets

 

Dans son article "le paradoxe de la normalisation et de l’innovation", Hens J. de Vries, professeur à l’université Erasmus de Rotterdam, analyse les apports de la normalisation aux fonctions de R & D, en distinguant quatre générations successives : pour la première génération, orientée vers la recherche fondamentale et marquée par l’intuition et la liberté des chercheurs, les normes étaient vues comme des sources de connaissance ou des recueils de méthodes d’essai.

La deuxième génération de R & D est au service de l’entreprise ; elle fonctionne en mode projet et doit déboucher sur des résultats exploitables ; elle peut alors s’appuyer sur les normes ISO de management et doit se préoccuper des critères mis en avant par les normes de produits qui sont souvent un gage d’acceptation par le marché. La troisième génération de R & D est totalement intégrée à l’entreprise et doit coopérer avec les autres services (production, marketing). Les normes facilitent la communication en structurant les échanges. La réalisation d’un produit sur mesure à un coût compétitif est possible grâce aux concepts de modularité utilisant des composants normalisés. Enfin, participer au développement des normes pour y intégrer ses propres innovations contribue à stabiliser, voire augmenter, les parts de marché de l’entreprise.

Dans la quatrième génération de R & D, les relations entre l’entreprise et le monde extérieur jouent un rôle primordial, où les effets réseau se font clairement sentir. La normalisation peut permettre d’en bénéficier. Elle participe par ailleurs à assurer la compatibilité des différents maillons des chaînes d’approvisionnement, dans une économie mondialisée.

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