Assemblée générale

 

 

L’UNM a tenu son Assemblée générale publique au musée de l’air et de l’espace pendant le salon aéronautique du Bourget.

Cette réunion, organisée dans un lieu exceptionnel, pour fêter les trente années d’existence de l’UNM, s’est déroulée en quatre étapes :

  • une rétrospective sous la forme d’un film, a rappelé les évènements importants qui ont marqué la vie de l’UNM. L’association UNM a été créée en 1977 par la FIM (la Fédération des Industries Mécaniques), le CETIM et une vingtaine de syndicats professionnels mécaniciens, pour poursuivre et développer au sein d’un organisme indépendant, les activités du Comité de Normalisation de la Mécanique, un service interne de la FIM, qui avait lui-même été mis en place en 1927 au moment de la création d’AFNOR et du système français de normalisation. L’UNM a beaucoup évolué au cours de ses trente années d’existence, passant d’une dizaine de collaborateurs animant trente quatre commissions de normalisation à plus de trente personnes, plus de 135 commissions et le suivi de 160 comités ou sous comités techniques ISO et 70 européens CEN. Son champ d’activités s’est considérablement élargi en rapatriant des activités de normalisation mécaniciennes préalablement gérées en dehors de l’UNM et en reprenant les activités de normalisation du caoutchouc puis du soudage, auparavant traitées au sein d’autres bureaux de normalisation sectoriels. Son organisation interne, en secteurs techniques, très innovante lors de sa mise en place et depuis copiée par plusieurs confrères, a été adaptée dans le temps pour toujours mieux servir les quelques 2000 experts mandatés par les différents partenaires socio économiques pour élaborer le contenu technique des normes de la mécanique. Cette volonté d’écoute de ses partenaires, aujourd’hui dénommée « approche clients » et d’amélioration continue de la performance s’est même traduite par la première certification ISO 9000 attribuée à un bureau de normalisation. Elle se poursuivra dans le futur, sous différentes formes, dont une force permanente de proposition d’améliorations durables et innovantes au service des experts, des clients de la normalisation.

 
 
  •  une présentation des activités de l’UNM en 2006 et de celles en cours en 2007, par le Directeur Général, Philippe Contet. Outre les éléments relatifs à la production UNM en 2006, toujours à un niveau très élevé et de plus en plus orientée vers l’international, il a été rappelé que le transfert de la normalisation du soudage et de ses applications, du Comité de Normalisation de la Soudure vers l’UNM est désormais achevé. Le Pôle de Normalisation du Soudage créé au sein de l’UNM est opérationnel ; l’Institut de Soudure en assure la supervision et l’accompagnement techniques. L’UNM pour sa part, met en œuvre son savoir-faire et assure la gestion complète de cette normalisation soudage. A noter que ce transfert d’activités n’a aucunement remis en cause - au contraire- la volonté des partenaires français de conserver le leadership en normalisation internationale à l’ISO dans le domaine du soudage, au travers du secrétariat de l’ISO/TC 44 assuré par AFNOR, sous la présidence de Frédéric Lobinger, Président du Comité Technique du SNCT.

    Dans le cadre de la Stratégie française de normalisation 2010, l’UNM, à la demande de son Conseil d’Administration, a lancé différentes actions pour l’amélioration du fonctionnement du Système ou du moins pour la partie qui la concerne directement :

Dans le cadre des coopérations sollicitées par le SQUALPI auprès d’AFNOR et des BN, pour permettre aux pôles de compétitivité d’utiliser la normalisation comme un outil d’intelligence économique et de diffusion des innovations, l’UNM a mis en place une coopération avec la plateforme MECAFUTURE-FR des pôles de compétitivité mécaniciens (Arve industries, EMC2, Microtechniques, MIPI, VIAMECA, Gospi) animée par la FIM et le CETIM. L’objectif est d’informer les acteurs des pôles, des possibilités offertes par la normalisation pour faciliter la diffusion de l’innovation et de faire participer leurs membres, en particulier les PME, aux travaux de normalisation.

Le débat coordonné par Yves Blisson, a permis tout d’abord à chaque intervenant de présenter sa société, ses activités et son degré d’implication sur le plan international, puis d’indiquer le type de référentiels techniques et organisationnels utilisés dans son secteur d’activités.

Le secrétaire Général de l’ISO, Alan Bryden, après avoir souhaité un bon anniversaire à l’UNM, a rappelé que l’ISO fêtait pour sa part son soixantième anniversaire et que sa norme phare l’ISO 9000 fêtait ses 20 ans. L’ISO est une fédération d’organismes nationaux de normalisation, une ONG de 156 membres dont 104 comités membres ; elle est administrée par un conseil composé de 18 membres répartis en 4 collèges d’administrateurs ; le premier collège est occupé par les 5 membres les plus impliqués dans les travaux ISO au sein des comités techniques : aujourd’hui, il s’agit de la France (AFNOR), des USA (ANSI), de l’Allemagne (DIN), du Royaume Uni (BSI) et du Japon (JISC) ; les trois autres collèges sont composés d’élus parmi les autres comités membres. Les européens ont actuellement une position dominante : ils président 55% des comités techniques et représentent 40% des cotisations. Certains pays d’Asie, tout particulièrement la Chine, aspirent à prendre plus de responsabilités au sein de la gouvernance de l’ISO.

L’activité internationale du constructeur de moteurs d’avions SNECMA n’est plus à démontrer puisque, dans le monde, toutes les 7 ou 8 secondes, un avion décolle avec des moteurs construits par SNECMA. Le développement du marché aéronautique conduit le groupe à nouer des relations avec différents concurrents dans le monde en particulier dans les pays émergents ;cette politique nécessite évidemment la sélection de référentiels techniques communs. Lionel Bombardelli confirme que SNECMA a décidé de s’appuyer sur les normes ISO ; il indique que certains pays émergents semblent éprouver des difficultés à assimiler le parc de normes ISO, à l’intégrer dans leur propre référentiel technique et qu’il existe un risque pour que des documents produits par des organismes américains comme l’ANSI ou l’ASME soient parfois préférés car considérés comme plus pratiques à mettre en œuvre.

 

 

 

Michel Laroche indique que le groupe allemand WILO est une société familiale d’environ 5000 collaborateurs, complètement mondialisée qui fabrique des pompes à eau très variées (pour eau froide, chaude, propre, sale, glacée…, de puissances très différentes allant de quelques 5 watts à près de 2 MW) et les commercialise à travers un réseau totalement intégré. Pour répondre aux attentes du marché, WILO a été contraint de mettre en place deux gammes de production différentes : une est basée sur les normes ISO/CEI pour l’Europe et les pays reconnaissant ce type de norme comme la Chine ; une autre est basée sur les normes américaines ; certains pays comme la Corée du Sud disposent de normes spécifiques mais acceptent de plus en plus le référentiel ISO. Le maintien de différents référentiels techniques au plan mondial crée un surcoût important sans apporter une réelle plus-value économique.

Le groupe Rabourdin dispose de plusieurs implantations industrielles en France, Allemagne, Portugal, Inde et d’un réseau commercial dans de nombreux autres pays. Le groupe dirigé par Jean Louis Rabourdin, est une entreprise familiale de 600 personnes, fabricant d’outillages pour les moules d’injection et le découpage emboutissage. Sa participation aux travaux de normalisation est motivée par la réduction de la diversité des produits, l’élaboration de standards, facteurs de meilleure technicité et d’interchangeabilité et globalement de compétitivité. Sa participation active aux travaux de normalisation ISO a contribué à donner à l’entreprise, une stature internationale et une reconnaissance par des acteurs géographiquement très lointains. Elle permet aussi de faire valoir au plan international, les dispositions, caractéristiques techniques ou prescriptions établies dans un premier temps dans les normes françaises. Le fait de disposer de référentiels internationaux uniques, sur la base desquels l’entreprise a bâti sa gamme de produits, simplifie évidemment la démarche commerciale, le suivi et la maintenance des produits vendus.

Le groupe Trane, représenté par Laurent Legin, est une société américaine de 26000 employés, implantée dans le monde entier ; il dispose de deux usines en France et fabrique des systèmes de conditionnement d’air et de ventilation. Trane a intensifié son action dans la normalisation au moment du développement de la Nouvelle Approche européenne. Dans ce domaine d’activités, la plupart des pays établissent des réglementations spécifiques, qui se transforment en véritables barrières commerciales ; la normalisation offre aux différents acteurs économiques la possibilité d’échanger avec les autorités locales et d’établir un consensus technique, économiquement favorable. La normalisation internationale permet aussi, en mettant à disposition un référentiel unique, de réduire le nombre de certifications ou d’homologations de produits souhaitées dans les différents pays. La reprise des normes ISO dans les collections nationales leur confère un statut permettant leur citation dans les marchés publics.

Rénald Vincent du Cetim, souligne les difficultés rencontrées dans le domaine de la spécification géométrique des produits et du dessin technique, par le manque de cohérence entre les normes ISO et les normes américaines ASME. En réponse, Alan Bryden rappelle que les USA ont jusqu’à présent conservé un système de référence différent du reste du monde, mais que l’on constate une évolution importante au sein des multinationales américaines ; celles-ci ont de plus en plus d’intérêts partout dans le monde et sont de plus en plus sensibles et ouvertes à travailler avec des référentiels reconnus globalement ; la Chine, par exemple, préfère généralement utiliser un référentiel ISO plutôt qu’un référentiel d’origine américaine, ce qui fait que la norme ISO gagne régulièrement des « parts de marché ».

En réponse à Lionel Bombardelli qui constate que les européens ont choisi les normes ISO pour construire leurs référentiels internationaux et qui s’interroge sur la pertinence de ce choix, Alan Bryden rappelle qu’il n’est pas possible, dans un cadre concurrentiel, d’assurer à priori la suprématie d’une offre sur une autre ; c’est typiquement le cas en normalisation internationale puisque divers organismes, en particulier aux Etats-Unis, affirment qu’ils produisent des documents techniques internationaux. Néanmoins, l’ISO, par son système d’élaboration des documents basé à la fois sur le consensus économique entre les acteurs et la représentation la plus large des pays, par sa stratégie de réseau illustrée par les liaisons qu’elle entretient avec de nombreuses organisations internationales de référence comme l’OMC, l’OIT, …, par la reconnaissance par ces organismes de la qualité des travaux qu’elle conduit, par sa stratégie de communication très large et par le fait qu’elle propose la collection de documents techniques la plus étoffée (plus de 16500 normes ISO), présente un avantage concurrentiel qui devrait lui permettre d’occuper une place de choix dans la compétition internationale.>

Le secrétaire général de l’ISO insiste en outre sur la cohérence offerte par le parc de normes ISO, qui constitue un avantage précieux et unique. L’ISO coopère de manière très étroite avec ses confrères de la CEI et de l’UIT, en charge des normes du domaine de l’électricité et des télécommunications. Les délais d’élaboration des normes ISO ont été réduits dans une proportion significative ces dernières années notamment en utilisant les outils modernes de communication et de travail collaboratifs ; ce point demeure néanmoins un chalenge important pour les années futures, pour s’assurer que les différents secteurs économiques, dont les produits voient leur durée de vie commerciale se raccourcir sans cesse, puissent s’appuyer de façon confiante et sereine sur un référentiel technique international ISO le plus complet, le plus cohérent, le plus adapté pour contribuer à relever les défis de la nouvelle ère économique mondialisée.

A l’issue de la réunion, le Président Rabourdin a remis les trophées de la normalisation en mécanique. Habituellement, ces trophées étaient remis à des experts s’étant particulièrement investis dans les travaux de nos commissions. Le trentième anniversaire de l’UNM a été l’occasion de distinguer les représentants des membres de l’UNM qui permettent à notre bureau de normalisation de remplir ses missions quotidiennes. Le Président Rabourdin a ainsi remis le trophée des trente ans de normalisation UNM à :

  • Yvon Jacob, Président de la Fédération des Industries Mécaniques, membre fondateur de l’UNM

  • Michel Laroche, Président du CETIM, membre fondateur de l’UNM

  • Didier Fegly, Président du SNCP, Syndicat National du Caoutchouc et des Polymères, représentant un membre actif de l’UNM

  • Martine Harvier, du groupe PSA Peugeot Citroën représentant les membres associés de l’UNM (EDF, PSA Peugeot Citroën et RENAULT Automobile).

 

 

 

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