Tendances et programmes 2005

 

Les orientations du Comité Stratégique " Ingénierie industrielle, biens d’équipement et matériaux " d’AFNOR, sont restituées par Gérard Praline, son président, dans le supplément à la revue Enjeux de Février 2005, et accompagnées des témoignages de deux présidents de commissions UNM.

Le secteur de l’ingénierie industrielle est confronté à plusieurs enjeux majeurs. Face à la mondialisation des marchés et dans un univers devenu très fortement concurrentiel, les acteurs se recentrent sur leur métier principal, cherchent à conserver leur avantage concurrentiel, et donnent une importance accrue à la qualité des relations avec leurs clients et à la reconnaissance des documents de référence qu’ils utilisent.

Une nouvelle organisation des entreprises se met progressivement en place, qui privilégie la responsabilisation des fournisseurs à qui sont confiés des sous-systèmes ou des systèmes toujours plus complexes, et à qui on demande des résultats en terme de performances, délais et qualité.

La notion d’entreprise étendue dans les filières clientes et chez les donneurs d’ordre de ce secteur industriel se généralise. Les entreprises du secteur recherchent de plus en plus la différentiation par l’innovation, l’intégration de nouvelles technologies pour gagner en compétitivité et accroître la valeur ajoutée des produits et des services associés, pour répondre aux exigences croissantes des clients intermédiaires ou finaux. Ainsi, la vente de services en accompagnement de la vente d’équipements industriels s’accroît. La rapidité de mise sur le marché des produits et leur personnalisation sont désormais des facteurs critiques. La valeur ajoutée se déplace au niveau de l’étude et de la conception des équipements, c’est-à-dire au niveau de l’ingénierie mise en place.

Les aspects réglementaires jouent également un rôle important. Le secteur est très directement influencé par la construction du marché européen au travers de plusieurs directives européennes Nouvelle approche qui font appel aux normes.

 

Pour aider les entreprises à relever les défis économiques et techniques, Gérard Praline précise les axes de travail identifiés par le CoS pour les trois années à venir pour aider les entreprises du secteur à relever les défis économiques et techniques, :

  • Prendre en compte l’approche ingénierie (faciliter la remontée des besoins des clients finaux vers les secteurs amonts et la prise en compte de l’approche service, identifier les thématiques émergentes et envisager les actions à engager, préciser la terminologie de l’ingénierie industrielle et prévoir des outils d’aide à la rédaction des cahiers des charges)

  • Poursuivre la dynamique de normalisation européenne et accompagner l’expertise nationale (promouvoir l’application des normes européennes par l’industrie européenne et promouvoir ces normes hors Europe, favoriser la mise en place de dispositif adapté pour la maintenance des normes)

  • Renforcer notre l’influence française au niveau international (dégager les priorités françaises à l’international, partager et diffuser les informations relatives à la pertinence mondiale des normes)

  • Faciliter l’appropriation des thèmes transverses et la prise en compte des spécificités du secteur (favoriser les déclinaisons du développement durable dans le secteur de l’ingénierie industrielle, proposer des solutions adaptées d’outils génériques, favoriser le partage d’expériences menées dans d’autres secteurs)

  • Promouvoir l’utilisation des nouvelles technologies de l’information pour gagner en cohérence et en efficacité

  • Faciliter l’appropriation de la normalisation

Pour Etienne Venner, président de la commission UNM 761 " Robinetterie industrielle ", membre de groupes de travail au CEN, à la CEI et à l’ISO, l’implication normative est nécessaire à plusieurs titres : répondre efficacement aux appels d’offre des vannes de régulation de process, qui se réfèrent à une longue liste de normes, dont la connaissance détaillée est bien utile ; assurer la conformité des produits aux exigences des directives européennes par la connaissance des normes harmonisées applicables ; faciliter le dialogue avec les organismes notifiés et avec les donneurs d’ordre. Le retour sur investissement de cette implication normative ne se mesure pas en valeur financière, mais l’impact financier d’une non-conformité pourrait être très important.

Francis Peters, président de la commission UNM-PNC " Caoutchoucs synthétiques " et animateur d’un groupe international ISO, identifie deux raisons majeures à sa participation : disposer de méthodes d’analyse permettant de définir ou de revoir la définition des matières premières utilisées dans l’entreprise ; soutenir la mise en place d’une directive européenne destinée à bannir, sur la base d’un principe de précaution, la présence dans un pneu d’une substance classée cancérigène. Il souligne qu’il est très difficile d’évaluer les retours, directs et indirects, sur investissement, de son implication dans la normalisation. Outre la communication interne dans l’entreprise sur ces questions normatives, des informations passent par le bais du Bureau de liaison professionnelle du caoutchouc, organisation professionnelle basée à Bruxelles, et par l’International Institute of Synthetic Rubber Producers.

Danielle KOPLEWICZ

Directeur Technique

 

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