L'informatisation croissante de la chaîne de production et de la logistique associée met de plus en plus les échanges de données informatisés au coeur des processus industriels, que ce soit en conception, en maintenance, en vente ou en achat.
Face à la diversité des acteurs, et de leurs systèmes informatiques, un besoin de représentation et de langage normalisés est apparu. Prenant la suite de travaux européens, le projet "P-Lib" a été lancé au début des années 1990 au sein du Comité Technique ISO/TC 184/SC 4 "Données Industrielles" ; il se veut être un élément clef de réponse à cette problématique.
L'acronyme "P-Lib" est l'abréviation de "Parts Library" (Bibliothèque de composant). Il correspond à la série de normes internationales ISO 13584.
Série des ISO 13584 (PLIB) :
- Partie 1 : Aperçu et principes fondamentaux
- Série des parties 1X : Descriptions conceptuelles
- Série des parties 2X : Ressources logiques
- Série des parties 3X : Ressources de mise en application
- Série des parties 4X : Méthodologies de description
- Série des parties 10X : Protocoles d’échange de vues
- Série des parties 50X : Dictionnaires de produits (au cas par cas)
Deux niveaux de structuration sont prévus :
- les dictionnaires dont l’objet est d’appréhender et d’identifier (identifiant universel BSU) les catégories de composants/les propriétés qui ont la même signification,
- les catalogues dont l’objet est de modéliser une population de composants (contenu, sélection, comportement, représentation).
L’objectif est de proposer une approche commune entre les différents acteurs, pour répondre aux nouveaux besoins des utilisateurs de disposer de données précises sur les composants et de simuler la fabrication des produits intégrant ces composants à un niveau très amont de la conception des produits.
Chaque cas est unique : les utilisateurs sont face à autant de formats d’échanges que de fabricants et réciproquement, les fabricants doivent faire face à une grande diversité d'exigences clients avec des structures informatiques différentes. Il est donc nécessaire de disposer de définitions communes et structurées pour décrire les produits dans un format neutre… c'est ce que permet la norme "P-Lib".
Par ailleurs le commerce électronique et les sites Web nécessitent aussi de mettre au point des dictionnaires informatisés de produits et propriétés ainsi que des interfaces. Il faut pouvoir passer des documents papier aux données informatisées. Lorsque ces données sont structurées, la conception des catalogues est facilitée et les produits peuvent être présentés sur des sites Web sous forme active : recherche – comparaison – communication – accès aux données. Là encore, la norme P-Lib se veut l'outil permettant de réaliser d'une manière universelle de tels catalogues.
Le principe "P-Lib"
P-Lib s'appuie sur un concept au nom "pompeux", mais simple à comprendre : l'ontologie.
S’agisant d’échange de données informatiques, il faut traduire les objets (par exemple stylo, gomme) et idées (par exemple écriture, avant-projet) de notre monde réel en termes compréhensible sans interprétation (de façon "univoque") par un système informatique.
Cette "modélisation" se fait en répartissant les objets en classes et sous-classes, et en leur attribuant des propriétés. Ainsi, une vis peut être vue comme une sous-classe des "éléments de fixation". Les propriétés définies et "visibles" sont, par exemple, le diamètre, le pas du filetage, mais aussi le poids ou le matériau.
Le concept d'ontologie permet à chaque sous-classe d'hériter des propriétés définies pour la (les) classes supérieures ; ainsi, la propriété "poids" n'a a être définie qu'au niveau de la classe générale des "éléments de fixation".
Pour pouvoir définir une "bibliothèque de composants" selon P-Lib, il est à la fois nécessaire de bien connaître les composants concernés (afin de pouvoir les décomposer en classes et sous-classes pertinentes, et d'y associer leurs propriétés), mais aussi d'avoir des connaissances en modélisation informatique afin de définir le "dictionnaire de données" qui sera échangé et compris par les systèmes informatiques. La mise au point de tels documents nécessite que les experts coté composants et coté modélisation de données participent aux travaux.
Il faut aussi, très tôt, mettre en place un mécanisme de mise à jour des dictionnaires, pour garantir que la norme répondra en continu aux développements de nouveaux composants : la réponse de l’ISO est la création d’agences de maintenance.
Outils coupants :
Le projet ISO 13399, soutenu par la France (commission UNM 42 "Outils coupants et attachements") est structuré comme indiqué sur la figure. La norme traite de la description des outils normalisés par l’ISO/TC 29 "Petit outillage". Elle s'appuie donc sur les normes développées au sein de ce comité sans s'y substituer.
|
![]() |
Roulements
Une proposition de nouveau sujet a été déposée au plan international afin de mettre au format PLib la norme ISO 21107 "Attributs des roulements". Ce projet, porté par la France (commission UNM 525 "Roulements"), vient d'être accepté à l’ISO/TC 4 "Roulements".
Eléments de fixation
La partie 511 "Eléments de fixation" de l’ISO 13584 a été préparée par l’instance ayant développé la norme P-Lib. Elle est en cours de vote, en association avec le comité technique ISO/TC 2 "Éléments de fixation" suivi à l’UNM.
Pour plus d'informations, vous pouvez vous adresser à info@unm.fr