Stratégie française de normalisation

 

Le projet de stratégie française de normalisation 2005-2010 s'affine : la démarche lancée par AFNOR au printemps 2005 arrive dans sa phase finale.

Une réunion d'échanges et de synthèse des différents ateliers de réflexion  qui ont été animés autour de thématiques importantes comme normes et autres types de standards, normalisation et réglementation, normalisation et développement économique a été organisée mi-septembre.  Elle a été l'occasion de présenter les résultats de l'enquête conduite auprès de 20000 entreprises françaises de toutes tailles et de tous secteurs d'activité.  L'objectif de cette enquête était de mieux connaître l'opinion et les attentes des responsables d'entreprise, qu'ils soient ou non directement impliqués dans l'élaboration des normes, plus précisément sur les grandes questions qui  se posent pour les prochaines années : quels sont les enjeux pour lesquels les entreprises souhaiteraient trouver un appui dans la normalisation, quelle est la place de la normalisation comme facteur de développement des entreprises, faut-il privilégier les normes européennes ou les normes internationales, comment peut-on améliorer le système de normalisation.

Plus de 500 entreprises, réparties pour moitié entre Industrie et Services, ont répondu à l'enquête. La taille des répondants était divisée en quatre quarts à peu près similaires entre les plus de 1000 personnes, les 200 à 1000 personnes, les 50 à 200 personnes et les moins de 50 collaborateurs.  Plus d'un tiers des répondants occupaient des fonctions de dirigeants (PDG,  DG). Concernant les marchés des entreprises, un quart était présent sur le marché français exclusivement, 20% sur le marché européen et le solde était actif sur le marché mondial.

En tout premier lieu, les entreprises ont précisé quels seront les grands enjeux de demain : exigences accrues des clients sur les caractéristiques des produits et services, préservation de l'image et de la réputation de l'entreprise, exigences accrues de sécurité et accroissement des risques juridiques dans les relations économiques arrivent en tête des enjeux notoires, et ont distingué les enjeux pour lesquels la normalisation pourrait jouer un rôle important. On retrouve bien sûr, les thématiques classiques de normalisation comme la sécurité ou la caractérisation des produits/services, auxquelles s'ajoute la sécurisation de la chaîne d'approvisionnement ou l'accroissement des risques juridiques dans les relations économiques.

 

Parmi les pratiques courantes d'entreprises, ont été identifiées celles qui devraient connaître une forte évolution au cours des cinq prochaines années et pour lesquelles la normalisation pourrait apporter une contribution. Figurent en premier lieu, l'innovation, fer de lance économique pour résister à la mondialisation des marchés et à l'émergence des pays à bas coûts de main d'œuvre, la capitalisation des savoir-faire et des bonnes pratiques, primordiale à l'orée d'une période où un renouvellement important des générations va s'effectuer dans les entreprises, la réduction des coûts et la qualité en production qui demeurent des valeurs incontournables pour assurer la prospérité économique et enfin la valorisation des produits/services.

Les entreprises étaient ensuite invitées à préciser les thèmes sur lesquels elles reconnaissent un apport important de la normalisation et ceux qui constituent plutôt des inconvénients. Côté positif, mentionnons l'amélioration de la qualité, la création d'un langage commun, la facilitation de l'application de la réglementation, la compatibilité des produits et des systèmes. Les faibles scores de la facilitation de la diffusion de l'innovation et de l'amélioration de la compétitivité des entreprises montrent que des efforts de communication du système de normalisation doivent être entrepris.

Côté négatif, sont reprochés le fait que la normalisation est mal connue, qu'elle est très longue et par conséquent souvent en décalage voire en retard avec le marché et que participer à la normalisation demande beaucoup de temps.

Toutes ces réponses ont contribué à alimenter la réflexion conduite par AFNOR, pour élaborer, avec ses partenaires, la stratégie française de normalisation à l'horizon 2010.

Aujourd'hui, quatre axes se dessinent pour cette future stratégie qui sera affinée et entérinée vers la fin de cette année :

- accompagner la mondialisation et agir pour que les normes qui régissent les marchés soient des atouts pour les acteurs socio-économiques français ;

- contribuer au développement durable, phénomène de mode désormais incontournable, qui sera d'autant plus indiscutable qu'il s'adressera aussi, au côté des entreprises, aux autres acteurs socio-économiques ;

- repositionner la norme par rapport aux autres documents de référence et réaffirmer son caractère volontaire ;

- rendre plus lisible le système de normalisation et ses produits, pour augmenter la confiance ; enseigner la normalisation, ses atouts, son rôle stratégique et faciliter la compréhension des normes.

P. CONTET
Directeur

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