Les normes de spécification géométrique des produits (GPS) et leurs évolutions au cœur des préoccupations
Tant au niveau des publications techniques (CETIM Info, AFNOR Enjeux,…) que des conférences (MIDEST, journée UNM/CETIM), les dernières normes ont fait l’objet de nombreuses communications. Revue AFNOR Enjeux d’octobre 2005 : Après avoir rappelé les principes de base du GPS - à savoir assurer une bonne communication du bureau d’études à la métrologie - l'article met l’accent sur le concept d'incertitude, une des plus importantes bases à l’évolution des normes. La gestion de l'incertitude est un outil pour expliquer les écarts entre des résultats de mesures obtenus par deux laboratoires différents. Cependant, on se rend vite compte que les désaccords sur les résultats de mesure ne peuvent pas toujours être expliqués par la seule présence d'incertitude de mesure. En fait le mot "incertitude" signifie souvent "manque d'information". L'ISO/TC 213 a examiné attentivement les écarts existants entre des résultats de mesure de différents laboratoires, et a analysé que ces différences étaient dues à des interprétations différentes de la spécification, et/ou des choix de conditions d'environnement ou de méthodologie qui n'étaient pas prédéfinis. Les incertitudes sont donc présentes à la fois lors du processus de spécification (incertitudes de spécification et de corrélation) et du processus de vérification (incertitudes de méthode et de mise en œuvre). Le but du système GPS est d'apporter les outils visant à maîtriser ces incertitudes, et d'établir des règles contractuelles claires pour l'acceptation des pièces fabriquées. La codification de la décision de conformité est apparue au début des années 1970, avec la première édition de la norme NF E 02-204 "vérification des tolérances des pièces lisses – Instruments de mesure à lecture directe". On y préconisait pour la première fois un rapport entre la spécification à vérifier et les caractéristiques métrologiques de l'instrument utilisé (résolution de l'instrument ≤ 10 % de la tolérance). Cette norme française a ensuite bien évolué, intégrant par exemple lors de sa troisième édition en 1993 la notion de risque. |
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Ces travaux ont été repris et approfondis au niveau international et l'ISO/TC 213 en a publié la série de normes ISO 14253, dont la partie 1 s'intitule "règles de décision pour prouver la conformité ou la non-conformité à la spécification".
De nombreuses entreprises du monde de la mécanique ont décidé d'aller vers ce "système GPS" dans tous leurs documents techniques, et mettent en place des formations internes pour leur personnel et/ou leurs sous-traitants afin de maîtriser la qualité de leurs produits.
Journée de formation UNM-CETIM "Cotation ISO, les nouvelles normes, quelles conséquences ?" :
Le 30 novembre 2005, près de 100 personnes ont assisté à la journée de formation sur les nouvelles normes ISO de spécification géométrique des produits (GPS).
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Les intervenants, membres des commissions UNM traitant de ces sujets, ont présenté les évolutions majeures apportées ces dernières années aux normes fondamentales de cotation et de tolérancement dimensionnel et géométrique ainsi que sur la spécification des états de surface. Le cadre dans lequel ces évolutions ont eu lieu a été présenté en introduction : avec le développement de la sous-traitance et de la mondialisation, la conception d'un produit mécanique devient de plus en plus un enjeu qualité complexe. Le bureau d'étude doit en effet traduire les exigences fonctionnelles sur un dessin, mais ce dessin (qui est le plus souvent en 3 dimensions) doit également être porteur de suffisamment d'informations explicites pour que les méthodes, la fabrication et aussi les contrôles (interne et client) sachent le décrypter sans ambiguïté, sans oublier que la fabrication et/ou les clients peuvent être dans un autre pays que le bureau d'étude … Pour cela, le besoin d'un langage de spécification international le plus précis possible devient évident. C'est le rôle des normes ISO de Spécification Géométrique des Produits qui continuent à évoluer vers plus d'explicite. |
Lors de cette journée, ont donc été successivement présentées la norme "modèle pour le GPS" (NF ISO/TS 17450), les évolutions des normes sur le tolérancement (NF ISO 1101) et l'indication des références spécifiées (future NF EN ISO 5459), les possibilités offertes par la norme sur les exigences de maximum et minimum de matière (future NF EN ISO 2692), l'indication et les nouveaux paramètres 3D d'état de surface, les évolutions vers un tolérancement statistique, et enfin, un rappel sur les nombreuses sources d'incertitude à prendre en compte.
La conclusion a souligné que si l'analyse fonctionnelle doit bien être la colonne vertébrale de la conception, il ne faut pas oublier d'expliciter l'implicite. Car la réalité pouvant apparaître variable selon les perceptions de chacun, il est nécessaire d'utiliser les mêmes outils normatifs pour que ce qui est spécifié soit bien fabriqué et … bien accepté par le client !
"Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement (Boileau)". Les nouvelles normes GPS sont là pour être le vocabulaire universel de la conception et la vérification. Un CDRom contenant les normes phares du domaine a d’ailleurs été remis à l’ensemble des participants. Reste à bien maîtriser ce langage … et pour cela, participer à son élaboration, au sein des groupes de l'UNM, reste la meilleure école afin que les mots, normalisés, pour le dire arrivent aisément !
Pour plus d'informations, vous pouvez vous adresser à info@unm.fr