A l’occasion de ses 40 ans, le Cetim et la Fédération des Industries Mécaniques ont organisé un congrès exceptionnel « Horizons mécaniques ».
Ce congrès a réuni plus de 400 auditeurs et près de 100 intervenants venus échanger sur les principaux leviers de la R&D que sont les évolutions liées au marché, les évolutions normatives ou réglementaires et sur les perspectives d’évolution de l’industrie mécanique dans les prochaines années.
Lors de la conférence d’ouverture, le Président du Cetim, Jacques Bouvet, a rappelé les grandes missions du centre technique, que sont la conduite d’actions de R&D dans des domaines prioritaires pour les industriels de la mécanique, le développement de partenariats scientifiques avec des laboratoires de recherche spécialisés pour réaliser le pont nécessaire entre la recherche amont et les entreprises de la mécanique pour la plupart PME, la participation aux travaux de normalisation pour aider ces entreprises à valoriser leur savoir faire et défendre leurs intérêts dans la compétition mondiale et enfin la diffusion des technologies nouvelles au sein des entreprises pour leur permettre de les intégrer dans des produits innovants.
Yvon Jacob, Président de la FIM, a, pour sa part, rappelé l’importance des industries mécaniques dans le paysage économique français. Secteur majeur de l’industrie, occupant le cinquième rang mondial, la mécanique française est constituée de plus de 7000 entreprises, à plus de 70% des PME, employant près de 605 000 employés et ayant réalisé en 2005, un chiffre d’affaires de 91,2 milliards d’Euros. Sa caractéristique principale est certainement son aspect diffus : elle intervient dans des métiers et sur des marchés très divers allant du TGV, à la cocotte minute en passant par l’automobile, l’avion, le bateau, la climatisation, la lunetterie, les machines pour les autres industries, les équipements de santé, de restauration… la mécanique est partout !
Les industries mécaniques constituent un fournisseur essentiel pour la plupart des autres secteurs industriels et son aptitude à innover est essentielle pour toujours offrir les meilleurs produits et prestations que le marché peut attendre. C’est en partant de ce constat et du fait que les entreprises mécaniciennes sont pour la plupart de petite taille, que la FIM et ses syndicats professionnels ont créé le Cetim et qu’ils continuent à en défendre le mode de fonctionnement et de financement. Le Centre technique constitue en effet un remarquable outil collectif de recherche et de développement, permettant aux entreprises de partager des équipements et des compétences qui sans cela leur serait demeurés inaccessibles, et de se préparer à répondre aux exigences réglementaires nouvelles et aux évolutions des marchés et de la normalisation . Il va même jusqu’à les aider, à travers son engagement aux côtés de la FIM dans le programme ACAMAS, à affiner leur positionnement stratégique sur le marché et contribue ainsi à renforcer le tissu industriel mécanicien.
Les grands secteurs clients sont venus témoigner de leurs attentes futures vis-à-vis des industries mécaniques et des défis à relever : que cela soit dans le domaine de l’automobile, de l’aéronautique, de l’énergie et pour la mécanique en général, les grands axes de développements technologiques sont similaires et peuvent se résumer sous un slogan commun « Innovation non stop » :
innovation dans les produits, dans les méthodes de conception pour réduire notablement les coûts et durées de développement, les procédés de production, d’assemblage, avec de nouveaux matériaux plus légers, plus résistants (composites ou autres …)
mécatronique : intégration tous azimuts de l’électronique aux côtés de la mécanique pour développer de nouvelles fonctions, rendre les équipements plus flexibles, plus intelligents, plus évolutifs, réduire les consommations d’énergie, améliorer leur fiabilité en surveillant de façon intrinsèque leur comportement
prise en compte des concepts de développement durable et tout particulièrement de la protection de l’environnement : réduction de la pollution, du bruit, de la consommation d’énergie, moteurs plus propres utilisant de nouveaux carburants « verts »…
Ces axes de développement technologiques sont bien évidemment d’ores et déjà au centre des préoccupations du Cetim et de ses instances de pilotage, et constitueront immanquablement l’ossature des actions futures de R&D ; ils constitueront aussi les axes majeurs des programmes de normalisation, activité économique à forte composante technique dans laquelle le Cetim, et ses confrères centres techniques, sont très impliqués. La normalisation a d’ailleurs été très souvent évoquée par les différents intervenants tout au long du congrès, comme étant un support privilégié pour la promotion des technologies, une voie appréciée pour aider à prouver la conformité des produits aux exigences réglementaires et pour défendre les intérêts économiques des industriels.
Après un rappel de l’historique de la normalisation dans l’industrie mécanique – la FIM a participé à la mise en place d’AFNOR en 1926 – et des raisons de la création et du développement de l’UNM, Philippe Contet, directeur de l’UNM, a évoqué les évolutions du contexte économique mondial :
Crédit photo : CETIM C. Barret |
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Il a insisté sur l’intérêt pour les industriels de bien connaître les normes de leur domaine pour anticiper l’évolution de leurs produits et en répercuter l’impact sur la stratégie de l’entreprise, et de participer à leur élaboration pour influer sur le contenu afin qu’il leur soit le plus favorable possible. L’élaboration des normes repose sur les contributions de tous les acteurs économiques ; les pays en voie de « très fort développement » affichent clairement leur stratégie qui consiste à prendre le maximum de responsabilités dans les instances internationales pour imposer leur vue ; il y aura donc toujours des contributeurs mais ceux-ci n’auront pas forcément les mêmes attentes que les industriels français ou européens : il est donc primordial de participer à la normalisation pour agir et ne pas subir.
Pascal Souquet, délégué à la normalisation au Cetim, a montré combien était importante l’implication du Centre technique aux côtés des industriels, pour les accompagner dans les travaux normatifs voire prénormatifs. Au-delà des travaux techniques permettant de valider le contenu des normes et les contributions françaises, cette implication se traduit à différents niveaux : une contribution financière très élevée dans le budget de l’UNM, permettant de financer la logistique de participation des industriels mécaniciens aux travaux des commissions de normalisation UNM, un accompagnement des industriels dans les réunions internationales et des actions destinées à faciliter l’appropriation des normes par les entreprises.
Le Président de l’UNM, Jean Louis Rabourdin, PDG du groupe Rabourdin, a expliqué les raisons de sa propre implication dans la normalisation dans le domaine de l’outillage de moules. Sa participation a d’abord été motivée par une recherche de réduction de la diversité des produits en élaborant des standards, facteurs de meilleure technicité, d’interchangeabilité et globalement de compétitivité. Puis, la confrontation des expériences, les échanges avec les confrères, les clients, les prescripteurs au sein des réunions de commissions de normalisation ou de comités techniques internationaux, ont permis une ouverture de l’entreprise aux besoins du marché devenu mondial et une validation des orientations stratégiques prises. Sans oublier que dans cette démarche, l’entreprise a acquis une stature internationale et une reconnaissance par des acteurs très lointains. En conclusion, Jean Louis Rabourdin affirme que son expérience lui a montré qu’en normalisation, il valait mieux être meneur plutôt que suiveur.
Le ministre délégué à l’industrie, François Loos, dans son allocution de clôture, s’est félicité de la participation nombreuse des industriels au congrès « Horizons mécaniques », montrant leur attachement à leur centre technique. Il a souhaité que l’esprit de solidarité et de convivialité perdure entre les acteurs, pour que le Cetim puisse poursuivre ses missions et contribue ainsi à consolider et renforcer le tissu industriel mécanicien, très important pour l’industrie française.
A noter qu'en parallèle aux conférences et ateliers les principaux partenaires du CETIM ont pu présenter leur métier sur des stands. A ce titre, l'UNM a pu exposer ses activités et répondre aux questions des participants.
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