Innovation et normalisation

 

 

Une réunion des bureaux de normalisation organisée par AFNOR a été l’occasion de faire un point de situation de ce que peut apporter le système de normalisation aux acteurs de l’innovation.

Aujourd'hui plus que jamais, nous vivons une période de très fortes mutations industrielles :

L’innovation, la capacité à réagir, à s’adapter aux nouvelles attentes du marché sont essentielles pour que l'industrie française renforce sa compétitivité et poursuive un développement durable.

L’innovation est un axe stratégique majeur de l’Union Européenne et une orientation principale du 7ème programme cadre de Recherche et Développement de la Commission Européenne. C’est aussi pour stimuler l’innovation et renforcer la compétitivité des entreprises, que le gouvernement français a lancé il y a deux ans le concept de « pôles de compétitivité ». Ceux-ci ont pour vocation de rassembler les acteurs économiques –les entreprises-, les acteurs de la R&D et les acteurs de la formation en s’appuyant sur la proximité et la solidarité territoriales pour dynamiser la compétitivité des acteurs économiques. Ces pôles de compétitivité sont implantés sur les territoires, donc très proches des acteurs de terrain ; ils permettent aux entreprises d’orienter les thèmes de recherche et l’utilisation des financements disponibles pour qu’ils répondent aux besoins du marché. Les pôles de compétitivité lancent désormais de nombreux projets de R&D destinés à déboucher sur des innovations.

la norme : outil de diffusion de l'innovation

L’association de la normalisation et de l’innovation n’est pas toujours innée. Pourtant, la normalisation peut contribuer significativement à la diffusion de l’innovation ; elle favorise l’interopérabilité et la compatibilité des équipements ou composants entre eux et permet ainsi l’élargissement des marchés, la réduction des variétés et donc la réduction des coûts de production ; une entreprise intégrant ses propres innovations dans les normes en participant à leur développement, facilite l’accès au marché de ses produits ; la normalisation peut aider à construire un langage commun dans des marchés émergents ; elle donne confiance aux utilisateurs des produits, tout particulièrement quand il s’agit des consommateurs. Par ailleurs, la participation aux travaux de normalisation permet aux experts d’effectuer une veille technologique pour leur entreprise en détectant les évolutions potentielles des offres sur les marchés demandées par des concurrents.

Pour permettre aux pôles de compétitivité d’utiliser la normalisation comme outil d’intelligence économique et de valorisation des innovations, le Ministère de l’industrie a sollicité AFNOR et les bureaux de normalisation pour que soit mise en place une collaboration étroite entre les membres du système français de normalisation et les acteurs des pôles. Une convention cadre est en cours de signature dans ce sens par le Ministère et AFNOR. Elle prévoit de nommer, au sein du système normatif, un correspondant normalisation pour chacun des pôles et d’informer les pôles sur le fonctionnement du système de normalisation, sur l’ensemble des travaux normatifs existants, sur l’impact que la normalisation pourrait avoir dans leurs projets. Au delà de ces informations, il sera proposé des actions de veille normative sur mesure en fonction des thématiques traitées par chaque pôle ; la mobilisation des entreprises impliquées dans les projets des pôles, et tout particulièrement les PME, pour participer directement dans les travaux de normalisation sera aussi un axe majeur d’action. Ce type de participation pourra même faire l’objet de conventions spécifiques entre les pôles et les pouvoirs publics.

Pour ce qui concerne les industries mécaniques, la FIM et le CETIM ont lancé en juillet dernier, une plateforme d’échanges entre cinq pôles de compétitivité (Arve Industrie, EMC2, Microtechniques, MIPI et VIAMECA) et un cluster de recherche (GOSPI), centrés autour de la mécanique et des systèmes de production. Cette plateforme appelée MECAFUTURE-FR, a pour missions de développer des synergies entre les pôles mécaniciens au niveau national pour des projets en commun et l’amélioration de l’image de la mécanique en France, développer l’ouverture internationale de ces pôles et constituer une plateforme française qui sera l’organe interface de la plateforme technologique européenne MANUFUTURE.

 

Les plateformes technologiques européennes ont été créées dans le cadre du 7ième PCRD européen pour faciliter l’identification des verrous technologiques et des problématiques techniques rencontrés par les acteurs économiques et en particulier les PME et faire en sorte que les actions de recherche financées répondent au mieux aux attentes des entreprises et des marchés ; c’est le cas de la plateforme MANUFUTURE, plus particulièrement destinée à ce que soient conservées en Europe des capacités de production et des compétences sur les systèmes de production.

Cette initiative MECAFUTURE-FR a pour ambition de multiplier les efforts de R et D, faire avec des moyens donnés encore plus de recherche pour les PMI et donc renforcer la compétitivité des entreprises du secteur.

Dans cette logique de mise en réseau des différents acteurs des industries mécaniques, l’UNM a été logiquement retenue pour être le correspondant normalisation de chacun des pôles de la plateforme MECAFUTURE-FR ; elle a en outre accepté cette mission pour deux autres pôles, dont les activités sont proches de celles de MECAFUTURE : le Pôle Nucléaire de Bourgogne et le pôle ELASTOPOLE, très récemment labellisé « pôle de compétitivité ».

 

Pour plus d'informations, vous pouvez vous adresser à info@unm.fr