Le 27 novembre 2007, le président du comité de programme UNM, Roger Spéri, a invité les membres du comité à échanger sur la synergie entre innovation et normalisation, dans le cadre des pôles de compétitivité.
Le gouvernement français a lancé il y a deux ans le concept de "pôles de compétitivité" pour stimuler l’innovation et renforcer la compétitivité des entreprises. Le système français de normalisation est au service de ces pôles pour les aider à utiliser la normalisation comme outil d’intelligence économique et de diffusion des innovations.
Philippe Contet a rappelé que les pôles de compétitivité ont pour vocation de rassembler les acteurs économiques, les acteurs de la R&D et les acteurs de la formation en s’appuyant sur la proximité et la solidarité territoriales pour dynamiser la compétitivité des entreprises. Très proches des acteurs de terrain, ils permettent aux entreprises d’orienter les thèmes de recherche et l’utilisation des financements disponibles pour qu’ils répondent aux besoins du marché.
Cinq pôles de compétitivité s’intéressent aux technologies mécaniques, aux systèmes de production et aux nouveaux matériaux rigides :
· Arve Industrie (Vallée de l’Arve, Haute Savoie), sur les thèmes mécanique, mécatronique, assemblage multi matériaux,
· EMC2 (Pays de la Loire) pour les ensembles métalliques et composites complexes et les processus complexes,
· Microtechniques (France Comté) orienté sur la micro technique, la micro mécanique et les nanotechnologies,
· MIPI (Lorraine) pour les matériaux (métaux, composites, nanomatériaux) et les procédés de fabrication,
· VIAMECA (Rhône Alpes, Auvergne, Centre, Limousin) dans le secteur mécanique, mécatronique, matériaux, biens d’équipement industriels, procédés de fabrication avancés.
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La FIM et le CETIM ont lancé en juillet 2007, une plateforme d’échanges entre ces cinq pôles et un cluster de recherche universitaire (GOSPI). Cette plateforme appelée MECAFUTURE-FR, a pour missions de développer des synergies entre les pôles mécaniciens au niveau national pour des projets en commun et l’amélioration de l’image de la mécanique en France, développer l’ouverture internationale de ces pôles et constituer une plateforme française qui sera l’interface de la plateforme technologique européenne MANUFUTURE. |
Pour illustrer la façon dont les pôles peuvent utiliser la normalisation, André Montaud, délégué aux relations extérieures du pôle Arve Industrie, en a présenté les actions. Ce pôle centré sur les PME cherche à développer des méthodes de R&D adaptées à ce type d’entreprises. Les projets s’articulent autour de plusieurs thématiques : innovation par les produits et les process, innovation par l’organisation, stratégies liées aux filières marchés et besoins futurs de compétences. Ils sont classés en trois catégories : les projets structurants (orientés vers les instituts de formation ou centres de recherche), les projets fortement diffusants (à propriété intellectuelle réduite), et les projets collaboratifs (comme ceux qui répondent aux appels d’offre FCE). L’affectation d’un projet à une catégorie est décidée avec les industriels.
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Les projets "diffusants" concernent des thèmes pour lesquels la rapidité d’appropriation est considérée primordiale : quelques entreprises font de la R&D et en tirent un avantage concurrentiel ; ensuite, la diffusion est assurée via la formation et la normalisation. Trois projets sont actuellement développés, qui pourront avoir des retombées en normalisation : tolérancement et mécatronique (en liaison avec l’UNM), achat et innovation. L’exemple du tolérancement illustre la démarche adoptée : recherche amont (tolérancement modal, tolérancement inertiel, calibres virtuels, etc), opérations pilotes de transfert vers des grandes entreprises et des PME, déploiement vers la filière mécanique grâce à des séminaires et au moyen de la normalisation. |
"Les pouvoirs publics soutiennent ces actions" a souligné Arnaud Lafont, chef du bureau "Normalisation, accréditation" au SQUALPI, tutelle de la normalisation (DGE - Ministère de l’économie, des finances et de l’industrie). Il a commenté le contrat d’objectifs État-AFNOR 2006/2010 :
1) "améliorer la lisibilité du système", et en particulier mettre à disposition du public des normes en version française : une convention a été signée avec AFNOR pour financer la sous-traitance de la traduction ;
2) "améliorer l’efficacité du système" : le Délégué Interministériel aux Normes a ouvert un chantier sur la réforme du décret de 1984 qui organise le système français de normalisation ;
3) "favoriser la connaissance de la normalisation" : une formation est à mettre en place le plus tôt possible au niveau de l’éducation nationale ; par ailleurs un financement spécifique prenant en charge une partie des frais liés à la participation des futurs experts des PME est en cours ;
4) "s’imposer au niveau international et promouvoir le modèle européen"
5) "clarifier la complémentarité entre norme et réglementation" : AFNOR a mis en ligne la liste des 300 normes NF obligatoires.
Les objectifs fixés par le Délégué Interministériel aux Normes sont de mieux cibler les priorités françaises, d’abaisser le coût de la normalisation, d’encourager les travaux normatifs des pôles de compétitivité et d’améliorer le niveau de perception de la normalisation. Au titre de ce dernier objectif, il est envisagé, pour célébrer la journée mondiale de la normalisation, d’organiser une conférence à Paris le 21 octobre 2008, centrée sur la thématique "Normalisation et services".
Le soutien des pouvoirs publics aux PME revêt deux formes : lorsque des PME s’associent pour faire participer un ou des experts à des travaux de normalisation, une aide financière peut être accordée couvrant 50 % des dépenses prévisionnelles engagées ; cette aide est conditionnée à la signature d’une convention triennale entre un syndicat professionnel "support" (ou une entreprise mandatée) et la DGE. Au profit des pôles de compétitivité, une convention cadre a été signée entre la DGE et AFNOR ; les pôles peuvent bénéficier de services dédiés : un point de contact privilégié (AFNOR ou BN), une présentation des enjeux de la normalisation, et un diagnostic leur permettant d’identifier, sur les projets qu’ils mènent, les travaux déjà existants. Les frais de participation à la normalisation d’un expert mandaté par le pôle peuvent être pris en charge dans les conditions indiquées précédemment.
Cette convention-cadre est déployée dans les secteurs, et notamment dans la mécanique et l’aéronautique : l’UNM est le correspondant normalisation des pôles de la plateforme MECAFUTURE-FR, ainsi que de deux autres pôles dont les activités sont proches : le Pôle Nucléaire de Bourgogne et le pôle ELASTOPOLE. Dès à présent, des représentants d’Arve Industrie sont intégrés dans des commissions de normalisation UNM (tolérancemcent et mécatronique) ; une présentation de la normalisation s’effectue dans le cadre de MECAFUTURE ; des rencontres sur place sont prévues avec Arve Industrie et EMC2 au cours du premier trimestre 2008.
Pour l’aéronautique, Bruno Debout, Directeur Général du Bureau de Normalisation de l’aéronautique et de l’espace, a précisé que son bureau est le correspondant Normalisation pour les pôles de compétitivité AEROSPACE VALLEY (Midi-Pyrénées, Aquitaine), PEGASE (Provence – Alpes Côte d’Azur) et ASTECH (Ile de France), et est l’opérateur du système français de normalisation pour SYSTEM@TIC (Ile de France).
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Aerospace Valley est un pôle à vocation mondiale dans le domaine de l’aéronautique, de l’espace et des systèmes embarqués. Un des huit projets structurants intéresse plus particulièrement la mécanique : "Plateau en techniques avancées d’usinage". BNAE et Aerospace Valley ont signé en juin 2007 une convention portant sur les points suivants : · Informer tous les membres d’Aerospace Valley, · Conduire sur chaque projet, lors de la phase de labellisation, une analyse de l’environnement normatif et de la réglementation applicable, · Mettre en place une veille normative et organiser l’échange d’information sur les aspects normatifs et règlementaire, · Contribuer mutuellement à la promotion d’Aerospace Valley et du BNAE à l’occasion d’évènements (salons, forums, colloques etc.). |
En conclusion, le président Roger Spéri s’est félicité que la mécanique reprenne de l’intérêt comme support aux autres technologies et au système tertiaire. La plupart des pôles évoquent la question des multi-matériaux, qui est transversale pour la mécanique.
Il a rappelé l’importance de la normalisation comme arme stratégique et économique ; mais il faut savoir l’utiliser et la proposer au bon moment. Les conférences et la formation constituent un relais-clé de l’appropriation des nouvelles normes qui prennent du temps à se mettre en place.
Pour plus d'informations, vous pouvez vous adresser à info@unm.fr
Toute la normalisation mécanique sur: http://www.unm.fr