Usinage

 

A l’occasion du lancement en enquête probatoire d’un projet de norme internationale relatif à la capabilité des machines-outils, l’UNM a organisé une réunion d'information consacrée à l’usinage.

Procédé de fabrication traditionnel de l’industrie mécanique et manufacturière, l’usinage connait des évolutions importantes qui se traduisent dans les normes. La réunion était destinée à faire le point des derniers développements dans le domaine des machines-outils et des outils et était organisée autour de témoignages des experts français impliqués dans les travaux.

- Les travaux de l’ISO/TC 29 « Petit outillage » (Alain Freyermuth, SECO-EPB et président de l'ISO/TC 29)

La présentation des principales activités de ce comité technique (normes sur les interfaces à queues d'outils creuses et sur les échanges de données des outils coupants) a montré une évolution dans la nature des travaux suivis. Les thèmes classiques (dimensions, spécifications) ont été complétés par des concepts plus complexes comme les échanges de données, l’usinage grande vitesse ou encore le couple outil-matière. Le président de l'ISO/TC 29 a illustré par des exemples concrets les avantages pour les industriels du domaine à s’impliquer en normalisation : les normes favorisent l'interchangeabilité, la normalisation est un outil de développement et de communication, y être associé permet d'étendre son réseau professionnel.

- Le concept de bibliothèque de composant (PLIB) pour les outils coupants (ISO/TS 13399) (Patrick Marchand, Cetim et animateur de l’ISO/TC 29/WG 34)

Les travaux, ont démarré au début des années 90, à l’initiative de la France, dans un groupe piloté par l’industrie aéronautique et repris en 2000 par le Cetim. S’appuyant sur les concepts ISO de description de l’information (STEP modèle d’information produit et PLIB bibliothèques de composants et dictionnaires), le travail a consisté à décomposer les outils coupants en entités (éléments coupants, outils, éléments adaptés et éléments d’assemblage) pour aboutir à la publication des normes et spécifications techniques « ISO 13399» dédiées à ces entités. La consolidation de ces données se matérialise aujourd’hui sous la forme d’un dictionnaire numérique, appuyé par une agence de maintenance dont la gestion est confiée à l’UNM. Cette agence a pour mission de fournir un procédé accéléré de réponses aux demandes de modifications et/ou aux questions concernant l'application des documents.

 

Patrick Marchand a souligné l’avantage pour les différents partenaires (fabricants, acheteurs, utilisateurs…) de pouvoir utiliser ce dictionnaire électronique pour créer leurs propres bibliothèques concernant les produits qu’ils fabriquent ou qu’ils utilisent, et échanger des données de façon univoque, celles-ci étant définies par rapport aux classes et propriétés figurant dans le dictionnaire normalisé.

Le travail n’est pas tout à fait terminé. La version française de ce document devrait être disponible fin 2008.

Parallèlement, le CETIM développe des démonstrateurs afin de promouvoir le concept auprès des PME.

- Le couple outil-matière (Roger Busi, CTDEC) (série des E 66-520)

Le concept couple outil-matière définit un domaine de fonctionnement d'un outil coupant pour une application définie. Chiffres à l’appui, Roger Busi a démontré l’avantage d’une méthode peu coûteuse, rapide à mettre en œuvre et donnant des résultats chiffrés. Basée sur la série des normes françaises E 66-520, la  méthodologie d’essai mise en œuvre est innovante, car elle permet :

- de réduire la durée des essais par rapport à des essais traditionnels ;

- de caractériser par des chiffres d’autres paramètres que la seule durée de vie ;

- de ne pas réaliser systématiquement d’essais de durée de vie.

L’obtention du domaine d’emploi, ainsi déterminé permet de résoudre les problèmes d’usinage et de procéder à des essais comparatifs d’outils, de matières ou de lubrifiants.

- Les conditions de réception des machines-outils (Bernard Guillot, SNECMA)

Bernard Guillot a présenté les éléments du parc de machines SNECMA et sa politique de modernisation.

Les nouvelles exigences du cahier des charges reposent sur un produit clé en main et sur la capacité à produire des pièces sans vérification systématique.

La réception définitive des machines qui dans certains cas n’intervient que dix-huit mois après leur livraison, prend en compte les normes de condition de réception existantes.

Cela devrait faciliter le respect des contraintes de la commande, mais il est à noter que les nouveaux fournisseurs (en particulier asiatiques) méconnaissent les normes ISO ou les appliquent mal.

- La capabilité, ISO/DIS 26303-1 (Stephano Rafalimanana, CETIM)

Stephano Rafalimanana expose les principes de ce projet de norme ISO qui a le mérite de proposer des méthodes simplifiées par rapport à la norme française NF E 60-181, et d’être moins axé sur les méthodes de calculs. Malgré cet aspect pratique, ce projet présente des difficultés d’application : les principes de calcul sont basés sur une production de 50 unités par jour, et la tolérance pour les instruments de mesure est particulièrement faible (par exemple, pour une pièce de qualité moyenne, il est nécessaire de recourir à une machine à mesurer tridimensionnelle).

 

Les débats suscités par ces présentations ont montré le rôle important joué par la normalisation dans un contexte économique mondialisé : la norme devient une référence incontournable. Il est important que fabricants et utilisateurs apportent leur contribution aux travaux en cours, pour qu’ils reflètent l’état de l’art français.

Il a été rappelé que le SQUALPI a mis en place une action en faveur des groupements de PME, visant à apporter une aide financière pour la participation aux travaux de normalisation.

 

Pour plus d’informations, vous pouvez vous adresser à info@unm.fr

Toute la normalisation mécanique sur: http://www.unm.fr