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Assemblée Générale 2017
Septembre  2017

L'UNM : 40 ans de bases solides à mettre à profit des années à venir.

"Avec une collection de près de 4 000 normes et une activité à 90 % européenne ou internationale, l'UNM dispose de tous les atouts pour porter nos entreprises à l'international et faciliter la commercialisation de nos produits." Tels sont les propos introductifs de Jérôme Bataille à l'occasion de l'assemblée générale de l'UNM le 16 juin 2017 où l'UNM fêtait ses 40 ans.

La prise de responsabilité dans les comités de normalisation est un enjeu majeur pour asseoir les positions françaises

L'UNM assure, au 31 décembre 2016, le secrétariat de 12 comités ou sous-comités techniques ISO et 9 comités techniques CEN pour le compte des professions de la mécanique et du caoutchouc. De plus, l'UNM assure les secrétariats de 31 groupes de travail CEN et 23 groupes de travail ISO. En 2016, le secrétariat de trois nouveaux groupes a été confié à l'UNM : CEN/TC 147/TF "Appareils de levage à charge suspendue – Soudage", ISO/TC 70/WG 10 "Groupes électrogènes entraînés par moteurs à combustion interne" et un groupe mixte avec l'organisme américain ASTM : ISO/TC 261/JG 66 "Spécifications techniques sur les poudres métalliques".

Le bilan définitif de la production 2016 de l'UNM fait état de 871 étapes (pour 831 initialement prévues). Ces 871 documents concernent 635 sujets différents (certains projets ont passé plusieurs étapes dans l'année), dont 22 % sont nouveaux. Par conséquent, 78 % des sujets concernent l'actualisation du parc de normes. Ceux-ci relèvent à 66 % de la filière internationale ISO (6 % de plus qu'en 2015) et 28 % de la filière européenne CEN traduisant ainsi l'internationalisation toujours plus importante des travaux. 6 % des sujets sont purement français, principalement liés aux efforts engagés par l'UNM pour le rajeunissement de son parc de normes. En effet, la qualité du parc de normes est liée à plusieurs facteurs dont la cohérence, l'adéquation avec l'état de l'art et la prise en compte de l'évolution des différents concepts évoqués dans chaque norme.

Gouvernance : des changements

Le comité directeur de l'UNM est composé de 4 représentants de la FIM et 5 représentants des professions, 4 représentants des Centres techniques Industriels (Cetim et CETIAT) et 3 représentants des membres associés parmi EDF, ENGIE, GIFAS, PSA Groupe et Renault. Suite au départ de 4 membres qui étaient en fin de mandat et donc non rééligibles, le comité directeur accueille :

  • Jean François Poty, directeur technique R&D du Groupe SEB : représentant les industries du secteur de la cuisine, de la table, du ménage et des fabricants de conduits de fumée (UNITAM),
  • Christophe Bachmann, directeur général de la société Noremat : représentant la profession des équipements pour la construction, les infrastructures, la sidérurgie et la manutention (CISMA),
  • Olivier Marchand, directeur délégué codes et normes, EDF, représentant les membres associés
Le mandat de Joaquim Roma, délégué à la normalisation de Renault, a été renouvelé pour 3 ans.

Les statuts de l'UNM ont été revus pour intégrer l'activité du bureau de normalisation de l'acier (BN Acier) au sein de l'UNM et pour accueillir un représentant de la Fédération Française de l'Acier (FFA) au sein du comité directeur de l'UNM.

40 ans : une conférence vers le futur

En invitant Christian Saint-Étienne, professeur titulaire de la chaire d'économie Jean-Baptiste Say au Conservatoire national des arts et métiers (CNAM) et Président de l'Institut France-Stratégie, l'UNM a souhaité mettre l'accent sur la stratégie pour la France face à la nouvelle révolution industrielle.

De gauche à droite : Jérôme Bataille, Christian Saint-Etienne et Philippe Contet

L'histoire moderne débute au 13e siècle avant Jésus Christ, avec l'invention de l'écriture, les prémisses de la notion de dieu unique, l'apparition de la notion d'état indépendant du souverain et des monnaies. C'est la première grande révolution intellectuelle de l'humanité, sur laquelle reposent toujours nos bases conceptuelles. La deuxième révolution intellectuelle commence au 5e siècle avec les Grecs, l'invention de la démocratie, de la philosophie, des mathématiques, de la notion de liberté...

Enfin, la 3e grande coagulation du savoir et de la civilisation apparaît à la Renaissance, avec les Lumières, l'apparition de l'État et de la démocratie moderne...Nous avons donc connu 31 siècles de stagnation puis 2 siècles de révolutions industrielles qui ont multiplié le niveau de vie par 20 et l'espérance de vie par 3. On peut donc se dire que la stagnation séculaire est la norme de l'histoire économique et que nous venons de vivre deux siècles d'exception avec trois révolutions industrielles... Nous vivons trois mutations : mutation technologique, mutation capitalistique et entrepreneuriale, et mutation des usages. Nous entrons dans l'ère de l'iconomie avec un i, comme intelligence, innovation, informatique, internet, intégration de système, qui font naître de nouveaux systèmes de production, de distribution et de consommation. Les éléments moteurs de la révolution, ce sont les véhicules autonomes, l'intelligence artificielle, la robotique de pointe et les nouveaux matériaux qui vont transformer le monde dans lequel nous vivons. Le point de bascule se situe autour de 2025. Cela induit une dépendance vis-à-vis de la technologie. La cybersécurité va devenir l'un des problèmes majeurs dans les prochaines années. Les deuxième et troisième mutations sont respectivement le retour au microentrepreunariat et l'économie d'usage avec les services qui s'imbriquent désormais dans les produits.

En France, nous ne comprenons pas le monde dans lequel nous vivons, nous ne l'analysons pas avec les bons outils. Depuis le milieu des années 90, l'idée dominante en France, c'est que nous sommes entrés dans un monde post-industriel. Pour sortir de cette crise, il faut une prise de conscience sur l'erreur de diagnostic... Comme pour les précédentes révolutions industrielles, l'adaptation à la mutation en cours ne peut pas être individuelle. Elle doit être collective. D'où l'importance des institutions au sens large : les syndicats, les politiques, les acteurs dans les territoires... Le système institutionnel est un élément clé de la compétitivité.

Source : MécaSphère

Cette conférence a été précédée de la présentation de l'ouvrage "90 ans de normalisation en mécanique" par son auteur, Danielle Koplewicz, ancien directeur technique de l'UNM (voir Lettre UNM 143).

 

Crédit photo : DR.

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