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Appareils de levage à charge suspendue
Septembre  2018

Deux réunions tenues à une semaine d'intervalle, l'une à Londres le 19 juin 2018 pour le comité européen CEN/TC 147, l'autre à Helsinki du 25 au 30 juin 2018 pour le comité international ISO/TC 96 et ses sous-comités.

La problématique de l'harmonisation à la directive européenne Machines des sous-parties de la norme de conception générale EN 13001-3, qui traite des états limites et vérification d'aptitude des composants, a fait débat. D'un côté, la position du rapporteur sectoriel du Forum Machines du CEN et celle des consultants qui avancent que les composants couverts ne sont pas des composants de sécurité au sens strict de la directive Machines 2006/42/CE et de ce fait les normes correspondantes ne devraient plus être des normes harmonisées au titre de ladite directive. De l'autre, celle de l'animateur du groupe WG2, soutenue également par les experts français, qui justifie le maintien de ces normes dans le champ de la directive pour trois raisons. La première, parce que les câbles en acier mouflés et les crochets forgés sont des composants cités comme accessoires de sécurité dans ladite directive. La deuxième, selon laquelle les parties 3-1 à 3-8 de la norme sont à utiliser conjointement avec les parties 1 et 2 dont l'harmonisation n'est pas remise en question. Il a également été précisé que ces sous-parties auraient pu être intégrées aux parties 1 et 2 mais que pour des raisons de lisibilité, le groupe a fait le choix d'éditer progressivement des parties par type de composants. La dernière n'est pas la moindre, les composants couverts assurent le fonctionnement en toute sécurité de la grue. Confrontées à ces positions diamétralement opposées, les délégations présentes ont estimé nécessaire de tenir une réunion des animateurs du comité CEN/TC 147 et du rapporteur sectoriel du CEN afin de clarifier la situation.

Le chevauchement de la norme des grues de chargement EN 12999 avec d'autres normes a été l'autre grand sujet débattu par les représentants allemand, britannique, danois, finlandais, français, italiens, norvégien et suédois qui ont pris part à cette réunion. Tout d'abord, avec la norme des grues mobiles EN 13000, un recouvrement soulevé par les autorités publiques françaises. Ensuite, avec celle des plates-formes élévatrices mobiles de personnel EN 280-2. Cette nouvelle partie développée par le comité CEN/TC 98 "Matériels de mise à niveau" traite à la fois de plates-formes soulevant une charge dans sa nacelle et du levage de charge à l'aide d'un accessoire de levage depuis le sol ou une structure fixe. C'est cette seconde fonction que réfutent les membres du CEN/TC 147 justifiant qu'elle est déjà couverte par l'EN 12999. Les comités membres sont appelés à se mobiliser, lors de la prochaine enquête sur le projet EN 280-2, pour confirmer les exigences spécifiques à ce type de matériel.

Les mêmes délégués ont retrouvé leurs homologues américain, australien, chinois, japonais, polonais, russe et sud-coréen une semaine plus tard à Helsinki.

Au plan international, le projet sur les câbles synthétiques, basé sur la publication de la FEM (Fédération Européenne des fabricants d'appareils de Manutention), adapté à tous les appareils de levage, a fait l'objet de vives discussions qui ont abouti à l'inscription d'une spécification technique couvrant les critères de dépose et méthodes d'essais pour déterminer ces critères.

Répondant à la demande chinoise de développer une partie spécifique pour les grues à tour, l'ISO 9928-3 couvrant les spécificités des manuels de l'opérateur a été enregistrée au programme de travail par le sous-comité 7 dont la présidence est assurée par Emmanuel Kirchner (Manitowoc).

Les résultats des recherches menées par les fabricants et par l'université de Karlsruhe sur la méthode de détermination de l'efficacité énergétique des palans ont été validés par les membres du comité. Ils vont servir de base à la rédaction d'un premier document.

Prenant acte de la requête du Bureau technique de l'ISO, le comité a dû se positionner sur le devenir de son sous-comité 2 en charge de la terminologie. Les membres ont confirmé la nécessité de garder ce sous-comité actif. En parallèle, l'organisme russe de normalisation (GOST) a fait savoir qu'il souhaite garder le secrétariat de ce sous-comité et mettrait tout en œuvre pour pallier les dysfonctionnements qui ont fait l'objet d'une plainte du comité technique auprès de l'ISO. Toutefois, à la demande du Président sur l'existence de volontaires prêts à reprendre le flambeau, la Chine, les Etats-Unis et la France ont répondu positivement. Affaire à suivre !

 

Crédit photo : Manitowoc

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