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Acier
Novembre  2018

Succès au plan européen, la responsabilité du nouveau comité technique européen dédié à l'acier est attribuée à une alliance Belgique - France. L'influence française dans les travaux ne s'arrête pas à l'Europe. Bien au contraire, elle agit aussi à l'international !

Un nouvel élan européen

Depuis 1986, la normalisation des produits en fer et en acier en Europe était assurée par le Comité européen de normalisation du fer et de l'acier (ECISS), organisme indépendant associé du CEN, dont le programme de normalisation était soutenu financièrement par la Commission européenne (CE) et l'AELE. Lié au CEN à des fins administratives et juridiques, il fonctionnait selon son propre règlement intérieur. Or en 2016, le CEN/CENELEC avait notifié que cet organisme devait revoir son statut pour devenir soit juridiquement indépendant soit un comité technique à part entière. A l'issue de 2 années de négociations, le CEN/TC 459 "ECISS - Comité européen de normalisation du fer et de l'acier" est né. Avec lui un appel à candidature pour le secrétariat et la présidence.

Au vu de l'intérêt stratégique du futur comité, France et Belgique se sont alliées. Grâce à la mobilisation des acteurs, des parties prenantes et du système français de normalisation, ces deux pays ont remporté l'un le secrétariat (UNM) et l'autre la présidence (David Valenti de Riva group) face à quatre pays candidats : Allemagne, Italie, Pays-Bas et Royaume-Uni.

Le binôme franco-belge oeuvre maintenant avec les représentants du CEN/CENELEC au bon transfert de l'ensemble des travaux, à leur répartition au sein des 12 nouveaux sous-comités et à la création de l'environnement normatif du CEN/TC 459. Une première réunion est visée en janvier/février 2019.

En plus de son rôle de coordination des travaux, ce nouveau comité va mener des réflexions prospectives sur des sujets d'intérêt pour l'acier, comme par exemple le développement durable (émissions de CO2 dans l'industrie sidérurgique, inventaires du cycle de vie...)

Essais mécaniques des métaux : une centaine d'experts venus de
15 pays

Tous les ans, une semaine est nécessaire pour réunir l'ensemble des experts et délégués du comité international ISO/TC 164 sur les essais mécaniques des métaux, de ses 4 sous-comités qui traitent de différents types d'essais (uniaxiaux, de ductilité, de dureté, et de fatigue, de fracture, et de ténacité) et de ses groupes de travail respectifs. Cette année, ils se sont retrouvés à Stockholm du 16 au 21 septembre 2018.

Les conflits qui existaient entre deux normes ISO et le rapport technique ISO/TR 23718 ont été réglés. Ainsi seront modifiés le symbole de "déformation plastique vraie" de la norme ISO 10275 sur la détermination du coefficient d'écrouissage en traction de tôles et bandes métalliques et le terme "déformation totale vraie" de la norme ISO 12106 sur les essais de fatigue par déformation axiale contrôlée.

La France et l'Allemagne ont fait valoir leur forte opposition sur la proposition de "Formats standard pour les données des matériaux d'ingénierie" qui émanait du CEN/WS METEDA (groupe d'étude pour les données des essais mécaniques). En d'autres termes, une base de données extérieure à l'ISO hébergée par un organisme privé où seraient stockées toutes les données des matériaux métalliques.

Le groupe ad hoc, qui travaille depuis plusieurs années sur les mesures d'"incertitudes" a été invité à fournir avant mai 2019 un premier projet de norme. La France a exprimé ses inquiétudes quant à l'ajout de valeurs d'incertitude dans le corps même des normes et propose de traiter le sujet au cas par cas et non pas de manière systématique.

A noter enfin, la finalisation de 3 rapports techniques par le sous-comité 1 à responsabilité française : ISO/TR 15263 sur l'évaluation des incertitudes dans les essais de traction, ISO/TR 15264 sur l'évaluation des incertitudes des essais de fluage et ISO/TR 6892-5 sur les lignes directrices pour les essais de traction sur éprouvettes miniaturisées.

Tubes en acier : une reprise de l'activité en perspective

Après des années d'activité réduite, sous l'impulsion de son président français, le sous-comité international ISO/TC 5/SC 1 s'est réuni le 25 septembre 2018 à Vienne en Autriche. De nouveaux travaux démarrent pour la révision de la norme ISO 65, datant de 1981. Le Royaume-Uni a fourni un grand nombre de commentaires qui seront débattus en décembre 2018 par le nouveau groupe de travail piloté par la France.

Cette reprise d'activité du sous-comité a permis d'identifier les différentes normes non utilisées des années 1980 et de les annuler. En revanche, les normes qui définissent les dimensions et les masses (ISO 4200) et qui définissent les tolérances (ISO 5252) ont bien entendu été confirmées.

De même celles sur les tubes de précision : ISO 3305 pour tubes soudés à extrémités lisses et ISO 3306 pour tubes soudés calibrés extérieurement à extrémités lisses.

La Chine a annoncé en réunion fournir très prochainement 3 propositions de nouvelles études pour la révision de ISO 559 sur les tubes pour l'eau et les eaux usées et des normes ISO 3305 et ISO 4200.

Aciers de construction : une année de restructuration

2018 aura été une année de restructuration du sous-comité ISO/TC 17/SC 3, avec une nouvelle présidente belge et la création de 5 nouveaux groupes de travail dont 3 seront à animation française. Ces groupes auront notamment pour mission la révision des parties 2 et 4 de la norme ISO 630 sur les conditions de livraison pour les aciers de construction et de la norme ISO 7788 sur l'état de surface des tôles et larges-plats laminés à chaud.Le sous-comité SC 3 s'est réuni à Courbevoie le 2 octobre 2018 en présence de délégués provenant d'Allemagne, de Chine, des Etats-Unis, de France et du Japon. La révision des normes se fera dorénavant au sein des nouveaux groupes de travail nouvellement créés. Ainsi la communication entre experts sera facilitée et la transparence des travaux d'avancement sera assurée. La norme ISO 6930 pour les conditions de livraison de produits plats en acier à haute limite d'élasticité pour formage à froid a soulevé de nombreuses discussions parmi les délégués et a mis en évidence les différences de positionnement entre d'une part les Européens et d'autre part les Américains et les Japonais. A ce stade des discussions, il a été convenu de ne pas modifier les annexes incriminées.

 

Crédit photo 1 : ArcelorMittal

Crédit photo 2 : Industeel

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