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Réunion des présidents et animateurs UNM
Mai  2019

Un rendez-vous annuel d'information, tourné cette année vers les systèmes communicants et l'Industrie du futur. Le 2 avril 2019, les présidents de commissions UNM, les présidents de comités et de sous-comités techniques ISO ou CEN, et les animateurs des groupes de travail ISO ou CEN, dont l'UNM assure le secrétariat, ont échangé autour de problématiques communes.

Le guide des technologies de l'industrie du futur édité par l'Alliance pour l'Industrie du Futur rassemble la variété des technologies couvertes. Il est présenté par Pascal Souquet, délégué scientifique au Cetim. Six leviers de compétitivité sont déterminés. Le numérique impacte chaque levier. L'échange de données est un aspect particulièrement important dans ce nouvel environnement. Les normes l'intègrent, comme le montre le panorama des travaux en cours pour chacun des domaines dressé par Catherine Lubineau (UNM).

Six leviers de compétitivité

Objets connectés et internet industriel : tous ont besoin de langages et de protocoles de communication afin d'échanger des informations fiables et compréhensibles. En cours : des normes sur la cybersécurité en fabrication additive, les boîtes à colis qui doivent pouvoir échanger avec les smartphones pour indiquer qu'une livraison est effective, les engins de travaux publics qui doivent pouvoir tenir compte de leur environnement (données télématiques, données topographiques sur le chantier...)

Technologies de production avancée : mettre en œuvre des procédés à la pointe de la technologie et éco-responsables. Des normes sont en chantier sur des sujets tels qu'aciers à très haute performance, matériaux fonctionnels, machines intelligentes, assemblages innovants, technologies de soudage à hautes performances, maintenance prédictive des roulements...

Nouvelle approche de l'homme au travail : certaines applications robotisées collaboratives (exosquelettes...), de réalité augmentée (casques de réalité virtuelle...) ou le recours à des chariots sans conducteur ont comme caractéristique de faire travailler l'homme et le robot à des tâches complémentaires dans un espace de travail partagé.

Usines et lignes/îlots connectés, pilotés et optimisés : l'interaction entre simulation et production nécessitent des processus plus flexibles. L'intégration et le chaînage numérique des processus, les CND - contrôles non destructifs - innovants, la conception et la qualification virtuelle des systèmes de production, la conception et la simulation des produits permettront d'y parvenir. Citons à cet effet les normes de bibliothèques de composants informatisés, d'exigences sur les essais d'assemblage virtuel des produits mécaniques, d'exigences sur manuel numérique des produits mécaniques ou de simulation en soudage.

Relations clients/fournisseurs intégrées : maximiser la création de valeur.Des normes pour faciliter les achats de pièces en fabrication additive, pour contrôler la qualité du pesage dans les centrales d'enrobés ou pour dématérialiser les certificats matière sont autant d'outils permettant de mieux fonctionner en réseau.

Nouveaux modèles économiques et sociétaux/stratégie et alliances : entreprise étendue et agile, nouveaux business modèles, vente d'un produit assorti d'une performance.

Les enjeux du numérique

Le numérique est la colonne vertébrale de l'Industrie du Futur, mais seul il ne suffit pas. Il faut y associer des technologies dures comme la robotisation, la fabrication additive... Les organisations doivent prendre en compte les nouveaux usages et permettre à l'Homme de reprendre une place au centre en tant que pilote.

Pour réussir, la normalisation en mécanique, acier et caoutchouc doit répondre à trois enjeux :

  • comprendre et maîtriser les normes du numérique pour intégrer et exploiter leurs apports dans la production mécanicienne,
  • évaluer l'importance de la donnée sur tout le cycle de vie du produit (la donnée est la base),
  • assurer la pertinence par rapport au métier.

La veille prospective et l'intelligence économique font partie de l'Industrie du Futur. Elles s'appliquent aussi aux travaux de normalisation.

Témoignages

Michel Nickles, Design Engineering Manager - Tooling Systems chez Seco Tools, Président du comité technique ISO en charge du petit outillage présente la démarche normative appliquée au domaine des outils coupants. Des spécifications pour la représentation des éléments d'un outil coupant moderne ont été établies. Les termes et propriétés des outils ont été définis, puis intégrés dans un dictionnaire numérique (de données communes) à destination des producteurs, vendeurs d'outils, fabricants et développeurs de logiciels. Ce dictionnaire numérique est dynamique grâce à une mise à jour au fil de l'eau. Chacun peut le faire évoluer pour intégrer ses nouveaux besoins. Les membres de l'agence maintenance (secrétariat UNM) valident les caractéristiques des nouveaux termes et propriétés introduites ou les amendent.

Chihyuan Liu, chef de projet en charge de sujets de la qualité centrale d'ArcelorMittal Flat Europe et animatrice d'un groupe de travail qui travaille sur les produits plats en acier, fait part de son expérience dans l'élaboration d'un projet innovant sur le suivi de la qualité. A l'origine, la demande venait des clients. C'est comme cela qu'on a évolué du "defect tracking" vers le "quality tracking". A l'époque, chaque fabricant avait sa solution pour repérer les défauts. C'est ainsi que le code barre de l'acier a été inventé. Pour que toute la chaîne partage la même information, le besoin de faire une norme s'est imposé. Elle a été élaborée entre 2016 et 2019. Aujourd'hui, la solution est totalement industrielle - pas de brevet, juste une norme.

 

Crédit photos : SIEMENS, SECO TOOLS, EUROFER

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